Télémédecine  et accès aux soins

Télémédecine et accès aux soins

Les délais d’attente trop longs et les agendas surchargés contraignent les Français à renoncer aux soins médicaux. La mise en place de la télémédecine, accessible et remboursée par l’Assurance Maladie à partir du 15 septembre 2018, pourrait améliorer l’accès aux soins et corriger les déséquilibres, notamment dans les territoires ruraux. L’institut IPSOS nous livre sa dernière enquête sur le sujet.

 

Les Français renoncent à consulter un médecin, au détriment de leur santé

Une majorité de Français associent la consultation médicale à des démarches de plus en plus pénibles : 6 Français sur 10 ont déclaré avoir renoncé à consulter un médecin durant les 5 dernières années. Les principales raisons évoquées sont :

  • Délais d’attente trop importants pour prendre un rendez-vous (49%)
  • Dates de consultation proposées qui ne conviennent pas (37%)
  • Manque de temps (29%, probablement corrélé à la seconde raison)

L’étude démontre un véritable déséquilibre entre l’attente de rapidité, l’accès aux soins et la réalité. A noter cependant que les Français sont très satisfaits de la qualité des consultations avec leur médecin. Bien que les gouvernements successifs aient promu les actions de prévention, 38% des Français ont déclaré que les difficultés à obtenir un rendez-vous chez un professionnel de santé ont pu aggraver un problème de santé perçu comme anodin au départ.

En outre, près de la moitié des Français estiment que l’accès aux soins s’est détérioré au cours de ces 5 dernières années. L’étude IPSOS révèle surtout que leur inquiétude porte sur la répartition géographique des médecins, jugée inégale.

 

Accessibilité aux soins

 

La télémédecine serait alors une réponse complémentaire pour faciliter l’accès aux soins, permettant une meilleure prise en charge et un meilleur suivi des patients vivant en zones rurales.

 

Des professionnels de santé surbookés mais dévoués à leurs patients

Le ressenti des Français est partagé par les professionnels de santé, qui jugent le manque de temps comme motif principal d’insatisfaction dans leur activité. Plus de 75% des médecins généralistes évoquent les sollicitations répétées et appuyées par téléphone, mails et SMS et 46% d’entre eux ne peuvent pas consacrer autant de temps qu’ils le veulent à leurs patients.

Si en moyenne, une consultation auprès d’un généraliste dure 18 minutes et 22 chez un spécialiste, l’ensemble des professionnels de santé s’accordent sur le principe que les consultations devraient être bien plus longues pour être efficaces. La gestion administrative du cabinet médical (selon 59% des médecins généralistes) et le nombre croissant de prises de rendez-vous sont les principales contraintes évoquées pour expliquer leur manque de temps.

 

La télémédecine tarde à se généraliser en France

La télémédecine est une pratique répandue en Europe et est officialisée depuis le mois de septembre, bien que certains praticiens l’utilisent déjà avec leurs patients. La pratique était d’ailleurs encadrée par un décret ministériel datant de 2010.

Près de 65% des professionnels de santé ont déclaré échanger communément à distance avec certains de leurs patients, que ce soit pour les informer ou répondre à leurs questions. Plus des 2/3 des médecins rédigent des ordonnances à distance, et en avance, pour leurs patients. Seul un tiers des Français ont déjà appelé leur médecin traitant pour lui demander conseil.

Selon les patients, une consultation sur 2 pourrait s’effectuer à distance tandis que les médecins sont plus réservés : seule une consultation sur 4 pourrait être en télémédecine, le face-à-face demeurant la méthode de diagnostic et de conseil la plus appropriée.

 

La télémédecine, un élément complémentaire du parcours de soins

La télémédecine demeure un service médical complémentaire à une consultation physique avec un médecin traitant. Cette pratique pourrait répondre à la problématique d’accès aux soins que rencontrent les Français, dont la majorité est d’ores et déjà convaincue du développement de la télémédecine pour les prochaines années, et est disposée à l’utiliser de façon préalable (plutôt que de devoir se déplacer).

Au niveau des professionnels de santé, ils sont 75% à considérer que la télémédecine doit être utilisée en amont d’une consultation physique, permettant aux patients d’être acteurs de leur santé. La pratique en elle-même a un rôle à jouer pour de meilleures informations, une meilleure orientation vers des spécialistes et, surtout, davantage de prévention sanitaire.

 

La télémédecine, ouverture pour les professionnels de santé
au monde de demain

Si les médecins sont perçus par les Français comme des personnes conservatrices et peu disposées au changement, l’étude IPSOS témoigne un tout autre constat.
Les médecins généralistes y témoignent leur envie d’utiliser de nouvelles pratiques et de dédier jusqu’à 20% de leur activité quotidienne à la télémédecine en complément de leurs horaires actuels (jusqu’à 3h30 supplémentaires).

Cet « engouement » s’explique dans la promesse que cette pratique apporte : davantage de temps et moins de stress pour mieux gérer le nombre croissant de demandes de consultations et améliorer la prise en charge et le suivi des maladies chroniques. Certains patients utilisant des objets connectés (bracelets, capteurs, boitiers etc.) pour permettre la gestion quotidienne de leur maladie en temps réel.

 

l'essor de le Télémédecine

 

Si le public urbain dispose dans une large mesure de smartphones avec caméra avant, permettant une consultation médicale par visioconférence, le public rural et les personnes âgées bénéficieront de mesures d’accompagnement. L'Assurance Maladie prévoit que des centres de santé et des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) pourront les prendre en charge et leur permettre l’accès à des téléconsultations.

Si la télémédecine est reconnue comme une pratique complémentaire à l’exercice médical en cabinet, son officialisation et sa mise en place seront graduelles selon les spécialités, les pathologies et le profil des patients.

L'accord conclu entre l'Assurance Maladie et 3 syndicats de médecins libéraux (SML, MG France et CSMF) a abouti au remboursement des téléconsultations, au même tarif que les consultations physiques : 25 euros pour un médecin généraliste et 30 euros pour un médecin spécialiste.

L'actu des professionnels de santé

Toutes les actualités
L’exception française  des médicaments génériques

L’exception française des médicaments génériques

La France occupe le second rang européen, après le Royaume-Uni, de vente de médicaments par habitant, mais sort du podium en matière de génériques. Après une vingtaine d’années à circuler sur le territoire, ces copies n’occupent pas une place de choix. Pourquoi une telle méfiance ?

Complémentaires santé, les frais de gestion ont explosé

Complémentaires santé, les frais de gestion ont explosé

Les négociations concernant le reste-à-charge zéro (RAC 0) se terminent. Le Président Emmanuel MACRON a souligné dans son discours du Congrès de la Mutualité que plus de 90% des Français sont assurés par un contrat santé responsable.

Professionnels de santé  en Zone de Revitalisation Rurale

Professionnels de santé en Zone de Revitalisation Rurale

Les ZRR regroupent des communes jugées fragiles économiquement, et ont été créées par une loi d’aménagement du territoire en 1995. Pour développer l’activité de ces territoires ruraux en perte de vitesse, des exonérations fiscales ont été mises en place par le Gouvernement.

Vous souhaitez nous proposer vos articles ?

Une question ? Contactez-nous
* Champs obligatoires
Ou par téléphoneO9 81 98 70 90
Votre message a bien été envoyé !