Complémentaires santé, les frais de gestion ont explosé

Complémentaires santé, les frais de gestion ont explosé

Les négociations concernant le reste-à-charge zéro (RAC 0) se terminent. Le Président Emmanuel MACRON a souligné dans son discours du Congrès de la Mutualité que plus de 90% des Français sont assurés par un contrat santé responsable. Et qu’il était temps de passer à la vitesse supérieure.

Cependant, même si les pourparlers et la rédaction projet de loi sont quasi finalisés, l’UFC-Que Choisir s’est penché sur la gestion de ces organismes reçus par le Gouvernement. Il dévoile dans sa dernière étude un pan important mais oublié de la réforme : la hausse des cotisations à ces complémentaires et leurs défaillances.

Avec près de 40 milliards d’euros de cotisations dans leurs trésoreries, les organismes complémentaires d’assurance maladie (OCAM) vont renforcer leurs positions à la vue des réformes amorcées. A partir d’une analyse approfondie de 29 organismes et 207 avis d’échéance, l’UFC-Que Choisir interpelle les pouvoirs publics.
Une saine concurrence doit bénéficier avant tout aux Français, et il est du devoir de l’Etat de surveiller la moindre entente commerciale.

Une hausse des cotisations plus forte que l’inflation

En prenant du recul sur la décennie, l’étude démontre que la hausse des cotisations est 3 fois supérieure à celle de l’inflation nationale depuis l’année 2006. Et les Français ont été les premiers à s’en rendre compte :

 

prix de la complementaire sante

 

En 2016, la cotisation moyenne à une complémentaire santé coûte entre 887 et 1036 euros par an, soit quasiment 47% de plus (en moyenne) que dix ans auparavant. Ce prix est fixé selon de savants calculs et prend dorénavant en compte la région où l’on vit.

 

prix moyen des cotisations mutuelles

En parallèle de l’inflation annuelle, le montant des cotisations a triplé par rapport à celle-ci sur la dernière décennie. Si l’on peut imputer à cette forte hausse des réformes fiscales sur les contrats, ces dernières n’expliquent qu’environ 1/3 de la hausse. Comment expliquer les 2/3 restants ? L’explication se trouve dans les frais de gestion.

 

La dérive des frais de gestion et de communication

Les organismes complémentaires ont dépensé près de 7,5 milliards d’euros en 2016 pour frais de gestion. Sur ce montant global, qui correspond à 20% du montant total des cotisations annuelles, un peu de nuance : ces organismes doivent gérer quantité d’assurés et sont très souvent d’importantes structures nécessitant beaucoup de personnel.

Avec la digitalisation et les Français qui comparent les prix sur Internet, les organismes complémentaires ont dépensé près de 2,8 milliards d’euros en pub et campagne de communication. La tendance n’est pas prête de s’inverser, s’il l’on analyse la stat suivante :

 

Taux de pénétration des comparateurs de prix

L’UFC-Que Choisir dévoile une variabilité incohérente des frais de gestion pouvant même, sur certains contrats, s’étaler de 9 à 42%. Cette envolée ne semble atteindre aucun plafond puisque depuis 2010, les frais ont augmenté plus fois plus vite que les remboursements accordés aux assurés.

Les organismes complémentaires avaient promis des économies d’échelle puisque les plus grosses structures rachètent les petites à tour de bras depuis 15 ans, mais il n’en est rien. La France se dirige-t-elle vers un marché de la complémentaire santé détenu par une poignée d’acteurs connivents ?

 

Un taux de redistribution qui ne profite pas aux assurés

En ajoutant les taxes et la marge des organismes complémentaires, les assurés sont loin de s’y retrouver. Seuls 70% des cotisations repartent vers les poches des assurés sous forme de prestations, 66% s’il s’agit de contrats individuels. Pour les contrats impliquant le plus de frais, le taux diminue et descend en-dessous des 50% redistribués : 2 euros cotisés, moins d’un euro récupéré.

 

Les promesses non-tenues et la lisibilité des garanties

Depuis une dizaine d’années, les dérives ont prospéré, surfant sur le caractère illisible des contrats de santé, empêchant les comparaisons sur Internet et détruisant à petit feu la concurrence. Tour d’horizon des pratiques des organismes complémentaires :

  • 80% des organismes n’utilisent pas le vocabulaire commun défini par l’UNCAM (Union nationale des caisses d'assurance maladie). Ce dernier visait à mettre tout le monde d’accord sur les termes employés.

  • 38% jouent la confusion entre les remboursements des CPAM et les leurs

 

  • 62% affichent des pourcentages de remboursements pouvant atteindre 500% (afin de se démarquer de ses concurrents ?)

Comment s’étonner ensuite que 37% des Français estiment compliqué de comprendre leurs garanties santé ? Que 48% des Français ne connaissent pas à l’avance le montant remboursé pour leurs soins ?

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